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samedi 23 mai 2015

Something to do with stars : Relooking Extreme

Après plus de 6 ans de bons et loyaux services, je quitte la plateforme blogger.
Après plusieurs années à me représenter, je quitte, aussi, la petite madame et ses longs cheveux qui faisait l'identité graphique de ce blog.
À l'aube de mes 31 ans, j'assume :
Something to do with stars devient Something to do with stars - by Elise Richard

Et "By Elise Richard" c'est elle, c'est moi, entre le rose et le noir :




















La suite se joue donc ici :

www.somethingtodowithstars.com

Et vu qu'on en est à mettre à jour ses liens, je suis aussi sur Facebook // Twitter // Instagram

L'historique restera, dans un premier temps, ici. 6 ans de posts, ça vous ferait presque un roman diraient certains. Un roman bourré de fautes et à la narration parfois approximative cela-dit. 
Les posts de 2015 et certains élus de 2014 ont d'ores et déjà migré !

Alors à très vite,

xxx

mercredi 4 mars 2015

T'en veux d'autres ?

Ce midi, alors que j'avais mon pain de la boulangerie bio dans la main droite et que je faisais la queue en attendant mon grec, pain galette, sauce blanche, salade / tomate / oignon, sans frite, je me suis dit que j'avais un rapport à la bouffe peut être assez personnel.

Déjà, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive : quand je ne suis pas très bien, j'ai envie d'un Kebab. On ne parle pas de "pas très bien" dans la tête, non non. Plutôt genre lendemain de cuite ou, comme c'est le cas aujourd'hui, lendemain d'une nuit pourrie à maudire ce que j'avais pu manger la veille au soir. La gerbe* quoi (glamour du jour bonjour !).
Va comprendre Charles. N'empêche que le doc m'a dit un jour : "quand vous n'êtes pas bien, mangez avant tout ce qui vous fait envie". C'est vous l'doc, doc ! Suis pas contrariante.
Et puis il y a le reste...
Si je vais régulièrement au macdo, je fais aussi mes courses a la biocoop et consomme des produits de saison (la tomate du Kebab ne compte pas).
Quand j'ai la tête qui vrille et les idées obscurcies, je ne peux rien avaler. Quand j'ai la dalle, c'est que j'ai globalement la forme.
Je mange rarement à heures fixes (un peu plus quand je suis avec des gens).
Je suis incapable de prévoir la liste de ce que je vais manger à l'avance : une chance sur deux pour que je n'en n'ai plus envie au moment M ou que l'on propose un contre-plan à mon gratin de pâtes, laissant les aliments se perdre dans mon frigo. Je déteste gâcher et trouve un sentiment chelou de satisfaction quand mon frigo est vide : c'est que je ne suis obligée de rien, aucune date de péremption à respecter, tout est à inventer (où comment je traduis sur mon frigo mon esprit libre et les cheveux au vent...)

Il était 13h30 quand je suis allée chercher mon grec, alors forcément c'était heure de pointe, et j'ai eu le temps de penser à plein de trucs métaphysiques comme ça.
Du coup je partage !

Un dernier point dont je souhaitais m'entretenir avec vous (on est formel ou on ne l'est pas). Ce weekend, j'ai appris que peut être (toujours pas très sure que ce soit vrai), ce n'est pas français de dire "t'en veux d'autres ?", à table notamment, quand il ne s'agit pas de parler de quelque chose de dénombrable.
Par exemple :
- des cacahuètes sur la table : "T'en veux d'autres" = OK
- de l'eau dans le verre : "T'en veux d'autre ?" = KO
Sérieusement ??
Parce que c'est tout un pan de mon existence qui est remis en question ici. Il suffit d'une table basse et d'un apéro parfois pour lancer de grandes discussions d'ordre fondamental.

xxx

"La Gerbe d'Or" aka the golden sheaf of wheat
* Ce mot, je l'aime bien, parce que quand j'étais à Sydney, je bossais dans une boulangerie qui s'appelait "La Gerbe d'Or". On nous demandait souvent ce que ça voulait dire, et on avait, sur un bout de papier, noté la traduction "the golden sheaf of wheat" (10 ans plus tard je m'en souviens encore alors que je ne l'ai plus jamais employée). Pour la blague, entre nous, c'était "golden vomit". Et ça me fait toujours rigoler...

dimanche 31 août 2014

All by myself

Y a 2 types de gens dans la vie de grands (moment je mets dans les cases et caricature pour expliciter un propos) : ceux qui sont en couples et ceux qui sont célibataires. Histoire de pousser l'idée plus loin, je peux aller jusqu'à vous écrire : il y a ceux qui planifient leurs vacances en prenant en considération les désidératas et possibilités de tiers, et ceux qui savent ce que ça veut dire "partir tout(e) seul(e)".
Ces derniers sont mes amis, car quand je parle de mes destinations de voyage, ils ont le bon gout de ne pas me dire :
- tu pars toute seule ???? (avec les 50 points d'interrogations et le regard de pitié qui vont avec)
- t'es "courageuse"
- tu peux plus facilement faire des rencontres, c'est cool !
Parce qu'ils savent qu'il est possible et probable que si j'avais la possibilité de partager avec quelqu'un, je le ferai. Je ne comprends pas bien en quoi c'est plus simple de rencontrer des gens chouettes quand on est seul, vu qu'on a d'autant plus sa timidité, ses doutes et que personnellement j'ai toujours trouvé que les rencontres et moments sympas partagés avec des gens sont plus sains sans le côté ambigüe de la nana toute seule. Et non, je ne suis pas particulièrement courageuse.

Juste ils savent que c'est comme ça.
Ce n'est pas grave.
Ce n'est pas bien.
Ce n'est pas là l'important. Mais bien le voyage en lui même. Et ce que je veux en faire.


Voyager tout(e) seul(e), c'est comme voyager tout court, il n'y a pas de règles définies, pas de grandes théories applicables un peu partout et pour tout le monde. Tout ça c'est une histoire de gens, de moments, d’a(in)spirations, de projets, d'envie, de moyens.
Alors parlons de moi (pour changer).
Comme je l'évoquais au détour d'un poste, j'ai la chance d'avoir un caractère un peu relou qui ne supporte pas de dépendre de l’extérieur (les choses, les gens, etc.) mais qui me met assez régulièrement en recherche de moments avec moi même. C'est déjà un bon point de départ je pense pour se donner la possibilité de prendre son billet de train / avion.

Quand à 20 ans tout juste j'ai dis à mes parents que je partais toute seule en Australie pour un an avec 0 argent et à peine quelques mots d'anglais en tête, ils ont fait un peu la tronche.
Quand à 23 j'ai dit que j'allais repartir, surement vers le Canada, ils étaient moins surpris.
Quand à 24 ça c'est concrétisé, un départ toute seule, mais avec un boulot, un peu plus de sous en poche et l'expérience australienne + un vrai niveau d'anglais en bagages, ils ont regardés la meilleure période pour venir me voir.
Et depuis quand je leur parle de weekends à Londres, une semaine à New-York ou quand à 30 ans je décide de partir 2 semaines à Los Angeles, toute seule, pour aller voir les vagues et les surfeurs, ils me disent "c'est bien ça !".
(On notera mon appétence pour la culture anglo-saxonne d'une façon générale - Pas folle la guêpe, j'évite d'aller me perdre toute seule dans des contrées dont je ne maitrise aucun code. Pas si courageuse que ça j'vous disais.)

L'Australie fut un peu comme une renaissance, un voyage initiatique vers l'age adulte, si ce genre de phrase - un peu trop directement sortie du grand livre des clichés à mon gout - a vraiment un sens. Le Canada, c'était la suite, c'était logique, c'était vital : repartir pour savoir que c'était possible.
2 années à m'installer, loin, ailleurs, tout construire, et déconstruire quelques mois plus tard.
Toute seule.

Mais les 2 expériences sont différentes. Les conditions étaient différentes. Et les ambitions aussi. Le Canada c'était le boulot. L'Australie c'était la débrouille, le summum du pas une thune et je compte mes centimes pour faire quelques kilomètres de plus, m'en mettre encore plus plein les yeux. Le Canada c'était la découverte d'un autre pays depuis un appartement confortable, sédentaire.

Les vacances c'est encore autre chose. C'est court, de fait, on n'est plus dans un quotidien, on est dans la parenthèse, l’échappatoire face à la VRAIE vie.
Cette année j'avais besoin de plus qu'une parenthèse, il me fallait revenir aux basiques, les miens : les vagues, la plage, le soleil. Me rappeler que c'était là, réel, quelque part. J'ai loué une chambre à Venice beach et ai vécu en collocation au rythme de là bas. Sans grand projet, sans volonté de TOUT voir en 2 semaines et faire des centaines de kilomètres, sans jouer la touriste. Juste là, entre Venice et Santa Monica, dans un quotidien qui est devenu le mien près des vagues et sous le soleil.

J'avais besoin, aussi, de me rappeler que, aussi chouette que ça pourrait être de partager des moments un peu magiques avec quelqu'un d'un peu magique aussi, moi et moi, on avait déjà tout pour vivre de jolis histoires (aussi).

Et donc j'suis partie toute seule. A Los Angeles.
Chercher un peu de dépaysement dans une culture et avec des codes que je maitrise a peu près. Lire, écrire, écouter de la musique. Planifier mes journées comme je le voulais et changer complétement mes plans en fonction des envies du moment. Sans dépendre de qui que ce soit pour organiser mon temps et rencontrer des gens (ou pas).
Avoir des moments de grande solitude, aussi, mine rien. Des couchers de soleil qui m'en ont rappelé d'autres. Des ballades qu'on aimerait partager, rythmées de chanteurs à la guitare de plus de 60 ans qui n'ont rien à apprendre de Bob Dylan. De longues pensées où l'on re-vie des histoires dont on réécrit la fin avant d'être rattrapé par le son des vagues et le moment présent.
Et se servir de l'instant pour donner une nouvelle perspective sur ce qu'on aimerait faire de la suite.



Depuis quelques mois, je me suis réapproprié mon présent. J'y vois ma chance, j'y entends mon intuition, j'y trouve des idées, j'y fait des projets. J'y vis bien avec moi même. Et je suis persuadée que c'est le meilleur point de départ pour bien y vivre avec quelqu'un et les autres en général.
Ces 2 semaines étaient top, dans la juste lignée.
Je le ferai encore.
Et parfois aussi, je partirai avec une (ou plusieurs) personne(s) magique(s).
It's not about the destination... qu'ils disaient
Australie, 2005,
Quelque part sur la Great Ocean Road
entre Melbourne et Adélaïde
Dans tous les cas ça sera chouette.
Tant que je serai en paix avec moi même.
En phase avec l'instant.

xxx

PS : Histoire d'adoucir le retour vers un quotidien un brin moins iodé sur Paname City, c'est à Hossegor que j'ai fait la transition et retrouvé 10 personnes (magiques) (dont le plus chou des chouchou et ses 18 mois). Deux salles deux ambiances me direz vous ! Sauf que mes amis sont formidables et outre leur capacité à m'écouter me la raconter avec mes 2 semaines à L.A., outre le plaisir des p'tits dèjs, apéros et grandes discussions partagés, c'est tout naturellement qu'on se laisse chacun vivre à nos rythmes depuis 12 ans maintenant. Dans le respect de nos différences et l'humour de ceux qui vous font prendre de la hauteur sur ce que vous êtes.
Il n'aurait pas fallut le faire dans l'autre sens.
Casse-dédi les amis !

samedi 1 mars 2014

Homesick (part III, épisode 2) : The End

On en était là, à parler des aborigènes que je n'ai finalement que très peu vus. Ceux du centre ville de Sydney ravagés par l'alcool. Ceux qui font le folklore dans les villes en jouant du didgeridoo, des peintures sur le visage. Ceux du centre qui vivent  en tribus. Ceux qui vivent d'artisanat dans les villes et villages que l'on traverse.
L'histoire des aborigènes est une vraie blessure pour l'Australie. Une blessure qui se raconte dans le joli film "The Rabbit Proof Fence", où comment jusqu'à il ya encore une petite cinquantaine d'année (voir même moins), le gouvernement australien décidait de "placer" des enfants aborigènes dans des familles blanches ou des "missions chrétiennes" pour mettre en pratique humaine le concept d'assimilation. Une blessure qui remonte à l'époque où James Cook mit pied à Terre sur ce continent et déclara cette terre "sans maitre" : Terra Nullius. Privant ainsi les habitants de l'époque de leur propriété (notion bien de chez nous), les britanniques construisirent cette colonie. Il fallait vider les prisons et peupler une terre immense que d'autres colonisateurs (la France, la Hollande, ...) auraient pu convoiter.
Ne rentrons pas ici dans un cours de civilisation / Histoire. Mais disons que cette blessure continue encore de diviser et que les actes pour la reconnaissance de l'héritage aborigène sont toujours nécessaires.


L'Australie fait cohabiter ce qu'elle a de plus paradoxale : une Histoire d'à peine un petit paragraphe dans le grand livre de l'humanité quand on prend 1770 comme point de départ, et une Histoire ancestrale pleine de légendes et d'histoires si on écoute ce qui bat en son centre, dans son cœur.

Mes quelques rares rencontres aborigènes m'ont apportés de nouvelle croyance. J'ai grandit dans une éducation athée et tolérante, avec quelques intolérances pour la religion. Mais en Australie j'ai appris à croire en une mère supérieure. Mother Earth... Mère nature. Les villes australiennes sont propres, le tri sélectif aussi naturel que peut l'être ici d'aller acheter une baguette de pain, ou la bas, de jeter son mégot dans les poubelles. Le pays doit vivre avec des sécheresses continues depuis des années et parfois des ouragans, des tempêtes tropicales et des inondations faisant entrer dans les villes crocodiles et autres joyeusetés. Un paradoxe gagné grâce à son immensité : du climat tempéré au climat tropical en passant par des zones désertiques. Outre son climat l'Australie compte une faune pas toujours très accueillante : araignées parmi les plus venimeuses, serpents, crocodiles, méduses toxiques... Bref apprivoiser la nature, l'écouter, la comprendre n'ont finalement jamais eu autant de sens que là bas.


 

Mais parler de l'Australie c'est compliqué. Je l'ai déjà dit, ce pays est contradictoire, paradoxal. Et c'est peut être pour ça que je m'y suis reconnu. 

Le soleil, les plages, le surf, la nature, les vagues, les buildings, ... Et les australiens ! A longueur de journée là bas j'entendais "no worries mate!". Et voilà comment j'ai appris le no worries way of life. Vivre au jour le jour (le manque d'argent aide à ne pas trop se projeter, tout comme les rencontres et départs incessants dans ce pays aussi fermé aux étrangers qu'il ne peut s'en passer), lever les yeux vers le ciel, admirer des nuages qui profitent d'un horizon infini pour susciter l'imagination sur des formes improbables, compter les étoiles (ma première étoile filante je l'ai vu là bas), écouter les vagues, traverser les villes de part en part, affronter les problèmes comme des étapes tout ce qu'il ya de surmontable, accepter les contre temps, partir d'aprioris positifs sur les gens. Je vous rassure, il ya aussi des gros cons en Australie. Des gens bien racistes, bien chauvins aussi. Mais j'y ai appris que d'une façon générale, la vie est belle. Tout est une question de point de vue, de là où on la regarde !

Il nous faut conclure (je ne ferai pas de cinquième poste promis après j’arrête!).

Alors en musique. Par ce que l'Australie c'est là où j'ai rencontré Missy Higgins (la voix d'un ange), John Buttler Trio (les dread, les guitares), The Waifs (un air de country australienne derrière eux), The Cat Empire (un peu de ska, funk, rock), Bernard Fanning (folk australienne pure et dure)... Et Xavier Rudd : l'homme orchestre capable de jouer guitare, percussions, harmonica, didgeridoo, le tout avec des paroles qui viennent de la bas. Une espèce de vent de positif, d'espoir, d'histoire, comme si appartenir à la terre était finalement un cadeau d'une puissance assez dingue. Un bien précieux cadeau.

 

Le titre de cet (ces) post(s) étai(en)t Homesick. Le mal du pays.
Partir en Australie fut une espèce d'épreuve assez dingue : j'étais jeune et j'avais besoin de me faire violence. Une fois sur place j'ai grandi beaucoup. Et puis je suis rentrée (plus de visa), et j'ai compris que le plus dur n'est pas nécessairement de partir. Il a fallu accepter l'idée que si l'herbe est plus verte ailleurs, elle n'est pas si mal ici.

Ce blog je l'ai ouvert en partant au Canada en 2009. Du Canada aussi j'en suis rentrée. Et quand on me demande si j'envisage de repartir, je ne suis plus sure de savoir quoi dire. Oui ?  Non ? Plus Tard ? Tant qu'on est heureux là où on est ? Le monde est un endroit très vaste qui nous laisse tout un tas de possibilités. L'Australie reste toujours comme cette parenthèse de tous les possibles. C'était il ya 10 ans (presque). Et les souvenirs sont bien précieux.
La France a ses charmes, indéniables, Paris est une ville assez fascinante. Mais parfois l'horizon y est assez absent, caché derrière des barres d'immeubles de 6 étages. Le ciel une trame gris/bleutée qui se découpe entre les limites urbaines.

Les limites, beaucoup de limites que l'on se met soit même pour repartir, pour rester, le doute de faire le mauvais choix, de passer à côté de quelque chose...

Et parfois, pas toujours mais de temps en temps, au fond de moi... J'ai le mal du pays, mais je ne sais pas du quel.

xxx

PS: Comme une bouteille à la mer, si on se connaissait déjà il ya 8, 9 ans et que tu recevais mes histoires australiennes dans ta boite email (pas de blog à cette époque là), si tu as toujours ces emails (on ne sait jamais), tu ne peux pas imaginer comme tu me ferais plaisir si tu pouvais me les transmettre (par ce que moi depuis j'ai changé d'adresse email et je les ai perdus) !


  

dimanche 16 février 2014

Homesick (part III... épisode 1 - ça n'en finit plus cette histoire)

On a parlé du départ, de l'avant, des raisons de partir.
On a parlé du pendant, de l'histoire, des paysages.
Alors qu'est ce qu'il reste à en dire ?

(Commence ici l'article où je partage ma sagesse et fais genre "JE SAIS" sur base d'histoire de rien*... 
Alors prépare toi petit Padawan)

* les histoires de rien : histoires en mode 3615 ma vie où je raconte des trucs super passionnants fondés sur mon quotidien.

"Ceux qui pensent qu'ils connaissent tout sont fatigants pour ceux d'entre nous qui avons réellement le savoir." 
Oxford st, Sydney (photo de qualité discutable j'en conviens)
En Australie j'ai appris. 

L'indépendance financière d'abord. Je payais mon loyer par moi même, moi toute seule, pour la première fois. Je ne devais de compte à personne, et salaire au black oblige, pas même à un banquier. J'étais fauchée mais c'était ma faucherie. Chaque dollar économisé servait à mes projets, personne n'avait rien à y re-dire.
Si l'argent ne fait pas le bonheur, être maître de ses choix et  ne se sentir redevable de personne (aussi bien attentionnées et discrètes que puissent être les âmes généreuses qui m'avaient financées jusqu'alors) est, je l'ai compris, le point de départ essentiel à mon équilibre.

Les tongs au pied du "sapin"
X-Mas à Sydney
Photo floue
La vie en collocation. Outre l'impossibilité de me balader à poils dans mon salon et les économies qu'elle permet, le principe de colloc est fondé sur le respect de la vie privée de l'autre et la propreté des parties communes. Je suis bien tombée. Il y a bien-sur eu quelques explications, des moments de moins bien, mais je garde surtout beaucoup de moments de partage, et des présences qui, si parfois peuvent être pesantes, ont l'avantage d'être rassurantes à 17 000 km de sa famille (de sang, de cœur). Ma pudeur relative a rapidement permis à mes collocs de bénéficier de mes mini shorts et petits pyjamas, laissant à ce grand australien qui dormait dans la chambre d'à côté la possibilité de m'appeler affectueusement sexy bum. Pas de sous-entendu, il a depuis fait un enfant avec la française qui partageait déjà sa vie et corrigeait sa grammaire comme lui corrigeait la notre. Cette maison était un mix franco-anglais-australien, au rythme des visites, des apéros, des dîners.
Mon caractère indépendant et mon besoin de solitude, je l'exerçais en découchant parfois, sans prévenir, en marchant des heures dans la ville et en rejoignant le pacifique, part entière de ma vie à Sydney... Et puis, 6 semaines toute seule toute seule sur les routes par la suite, ça permet de se retrouver seule avec soit-même.

Tamarama Beach, juste à côté de l'énorme Bondi - Sydney

Harbour Bridge - Sydney










L'anglais. Mes premiers pas australiens étaient assez approximatifs en la matière. Mais petit à petit, à force de lire des romans en anglais uniquement, à force d'écouter mon colloc (donc) corriger des accords désastreux, à force d'emprunter des bouquins de grammaire niveau primaire à la bibliothèque, j'ai pu communiquer. Comprendre et se faire comprendre : les premiers pas, incontournables, vers l'intégration. Ceci étant dit la vraie bonne façon d'apprendre une langue étrangère... C'est de tomber amoureuse d'un garçon qui ne parle pas un mot de votre langue maternelle. Ça force à aller plus loin et à masteriser la dernière étape de l'apprentissage : les conversations téléphoniques. Rien de plus dur que de comprendre quelqu'un sans le voir. Rien de plus dur que se faire comprendre sans langage corporel comme assistant.
L'australien est un anglais un peu à la one again : les abréviations sont légions, certains mots sont empruntés aux langages aborigènes. Et comme dans toute culture certaines expressions sont utilisées 100 fois par jour comme des ponctuations, des respirations, des virgules :

- no worries (pour tout et n'importe quoi "pas de problème" pour de rien, aucun souci, ça va le faire, par ce que d'une façon générale, en Australie... Y a pas de problème !),
- mate (pote, ami, mec que je viens de croiser dont je ne connais pas le nom, ma meuf, mon mec, bref toi, là, qui est en face de moi et à qui je parle, qui que tu sois),
- good onya (c'est bien, c'est cool, on est content pour toi),
- she'll be right (ça va le faire, encore une fois, par ce que, j'insiste, en Australie, ça va le faire...)

L'accent y est particulier : entre l'accent anglais pur et dur et celui du fond du Texas. Moins pire que les kiwis (néo-zélandais), les aussies (australiens) peuvent dérouter.
Bref, au bout de quelques mois j'avais bien remarqué que je ne faisais plus répéter les gens et qu'on me faisait, moi aussi, beaucoup moins répéter quand je parlais. Mais c'est en rentrant que j'ai su que je pouvais affirmer sans trop me vanter mon billinguisme. Je rentrais chez mes parents d'une soirée à ramasser des plateaux chez Flunch (trop trop chouette!). A cette époque je conduisais (c'était quelque jour avant d'en être vaccinée). J'étais donc en voiture, la radio allumée. J'avais alors la confiance au volant et je me suis mise à chanter... Pour de vrai. C'était Nathalie Imbruglia sur RTL2 (une australienne, la boucle est bouclée), elle chantait Torn, et les mots qui me venaient non seulement n'étaient pas en yaourt, mais faisaient du sens ! Le déclic s'était déjà fait sûrement plusieurs mois auparavant, mais c'est ce soir là (au détour d'une chanson à l’intérêt discutable lui aussi) que j'ai réalisé que mon cerveau pensait en anglais.
Blonde...
L'anglais est peut être l'héritage australien que j'utilise le plus fréquemment et régulièrement. Pas une journée sans que je ne parle, lise ou écoute en anglais. Depuis j'ai laissé un peu de côté l'in-formalisme de mon parler pour y ajouter quelques expressions proprettes du monde professionnel. Et issu d'un apprentissage pas toujours très conventionnel, je continue d'apprendre un peu tout le temps cette langue que je parle pas mal à l'intuition.

L'importance des langues, des mots. Au détour d'une conversation avec un aborigène dans le centre de l'Australie, j'ai compris quelque chose qui depuis me hante pas mal :
On estime qu'à l'arrivée des Britanniques sur le continent (1770), il existait au moins 250 langues en Australie, regroupées en 27 familles linguistiques et réparties en des centaines de dialectes. [...] Les langues qui sont encore largement parlées aujourd'hui et qui ne sont pas en voie de disparition immédiate sont au nombre de 30 environ. (Petit extrait Wikipédia qui va bien)
Depuis toujours les aborigènes transmettent une grande partie de leur savoir par la parole : les chansons, les poèmes, les histoires et légendes. Perdre des langues, les faire disparaître, c'est, concrètement, perdre du savoir.
Sans entrer dans un débat politique / économique / écologique sur la population aborigène en Australie, il est clair que d'une langue à l'autre, les tournures de phrase et le vocabulaire permettent d'exprimer des choses propres à une culture. Ma tête ayant appris à passer d'une langue à l'autre, j'ai parfois cette impression qu'il me faudrait les 2 pour exprimer clairement ce que je veux dire. Et trop souvent des traductions approximatives amènent de la confusion ou de mauvaises interprétations. L'anglais est plus imagé que le français, plus souple. L'importance des mots justes, l'héritage d'une langue, le reflet d'une culture et d'un savoir dans la richesse du vocabulaire : ils sont nombreux les profs qui me sont revenus en mémoire depuis.

xxx
 

dimanche 9 février 2014

Homesick (part II)

Alors, nous en étions là : paumée, décalée, mais j'y étais. A 17 000 km de Paris.

Pendant ces 12 mois en Australie, j'ai vécu 4 aventures :
 
Great Ocean Road
    Sydney
  1. Les premiers mois à Sydney à compter mes petits sous, me gaver d'éclairs au chocolat dans une
    Great Ocean Road
    boulangerie française de Paddington où j'étais payée à la semaine, traversant Sydney midi et soir, tous les jours entre les quartiers riches de mon lieu de travail et Glebe (99 St John's road) haut lieu de ma colloc, quartier étudiant où les coffeeshop / bookshop se bousculaient. Au total : 10 kilos en plus sur la balance, des histoires de rien, un décalage horaire que j'aurais mis 3 semaines à chasser avec un sentiment assez perturbant de laisser les gens que j'aimais vivre leur vie sans moi (tout là haut tout là bas en Europe ou au Canada). Et la vie, la routine, le quotidien, les amis. J'étais complètement fauchée à économiser le moindre centimes pour préparer la suite et je piquais dans les frigos de la boulangerie pour manger. J'attendais l'été de l'hémisphère sud avec la plus grande des impatiences tout en y trouvant mes plus gros coups de soleil. Je croisais en plein centre-ville, au milieu des buildings, des mecs avec leur planche de surf qui attendaient le bus. Vers Bondi, Bronte ou Tamarama (rien à voir avec les œufs de poisson), les plages aussi chargées soient elles avaient toujours une place pour moi. J’apprenais le no worries way of life (j'y reviendrai), je bredouillais de mieux en mieux l'anglais et les barbies (bbq) en libre-service sur les bords de plage
    Great Ocean Road
    entraient dans mes habitudes.
  2. La vie "On Tour". 8 semaines autour de l'Australie à m'avaler les kilomètres en bus, trains, cars, avions, voitures (dont 2 avec ma sœur et mon beau-frère) : de Sydney à Canberra, Melbourne, Adelaide via the great ocean road, Perth via l'incroyable Nullarbor Plain traversée par l'Indian-Pacific (près de 48h en train), Alice Springs et son centre rouge, Uluru, le climat tropical de Darwin et Cairns, la descente de la côté Est et sa grande barrière de corail pour rejoindre Brisbane... A un dernier saut de puce du retour case départ : Sydney. J'ai très certainement plus de photos de ces 8 semaines que de tout le reste de l'année. J'étais blonde "Barbie" et bronzée comme sa version Hawaï que ma sœur avait eu quand elle était petite. Je me suis baignée dans l'océan Pacifique, l'océan Indien, des chutes d'eau dignes des pubs Tahiti douche, des billabongs, des lacs, vu des vagues plus fortes que jamais, des plages incroyablement
    Adelaide
    magnifiques vides (par ce que les méduses et crocodiles avaient eu raison par le passé de nombreux touristes laissant des panneaux d'interdiction de baignade un peu partout, ou par ce que simplement, l'Australie est ainsi faite que ses quelques 20 millions d'habitants ne suffisent pas à remplir tous ces endroits sortis d'un rêve), un océan bondé de samedi après-midi se vider en moins de 2 minutes après qu'une (fausse) alerte requin ai retentit.
  3. Le retour à Darwin, les grands adieux à la vie est-australienne pour rejoindre un climat plus aride et une ville bien plus petite, tout au nord des territoires du nord, là où les aborigènes gardent un maigre droit sur leur terre et où l'Australie(n) m'a fait vivre peut être le plus beau mois possible. J'y ai changé ma perception du temps (celui qui passe en apprenant à savourer chaque milli seconde, et celui qu'il fait en croisant à peine un demi nuage en un mois). J'ai appris à faire du boomerang (jamais réussi en fait, c'est super dur). Et j'ai vu un Australien, un vrai, un dur, un d'1m85 taillé comme un roc me dire, alors même qu'il
    Great Ocean Road
    s’apprêtait à plonger dans une étendue d'eau trouble "on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dans ses eaux" (les panneaux "safety! be aware of crocodiles" ont alors pris un tout autre sens).
  4. La Nouvelle Zélande. Le choc thermique entre les 30 degrés des territoires du Nord et le froid glacial. Les retrouvailles avec un bout de France, un bout de Paris, vivre les plus grosses chutes de neiges depuis 60 ans, compter les moutons, et amasser un nombre de fous rires incroyables et jamais égalé en si peu de temps, dans un camper-van de 3 m cube, sur les routes de l'Ile du Sud. 3 nanas vingtenaires qui se retrouvaient là après avoir, chacune, passé une année à chercher du sens loin de l'hexagone. 3 histoires différentes.
Great Ocean Road
Adelaide

Adelaide

Kangaroo Island
Le récit de mon voyage tient dans un carnet en cuir que ma mère m'avait offert juste avant de partir. En parcourant à nouveau ces pages j'ai pu confirmer des souvenirs, rappeler à ma mémoire des moments qui sur le coups me semblaient essentiels et qui finalement sont complètement sortis de ma tête...

Et puis je me suis souvenue de ma bulle. J'étais partie en Australie par ce que j'avais besoin de réaliser un joli rêve, besoin de me prouver que j'en étais capable, besoin de me trouver, loin des attentes et des schémas tout tracés que j'avais dans ma tête. En Australie je suis devenue indépendante : financièrement déjà et du regard des autres. C'est tellement plus simple de ne réfléchir que par soit même quand on est à 17000 km de tout conseil (aussi bienveillants soient-ils). En Australie j'étais seule avec moi même, dans une bulle, toute nue face à mes choix, impossible de se cacher derrière qui que ce soit, de se trouver des excuses.
Kangaroo Island

Sur les dernières pages de ce carnet j'ai listé à brut quelques mots pour décrire cette année : "doutes, peurs, angoisses, larmes... et surtout... rires, étoiles, projets, rêves, sentiments, cœur, magie, paysages, voyage, aventure, bush, chaleur, soleil..."
Je gardais aussi en tête ce que le film Into the Wild mettra plus tard en mot et en image au cinéma : Happiness is only real when shared. C'est ma bulle qui me l'a dit !

En Australie, j'ai encré dans ma peau une étoile au bas de mon dos comme un souvenir de ce Neverland, un pays loin d'être aussi imaginaire que l'on pourrait le croire.

Ce pays fut mon chez moi. J'y ai construit un bout moi-même. J'y ai laissé un peu de ma tête. De quoi, de temps en temps, m'en donner le mal du pays.

xxx

Uluru
Uluru
Nullarbor Plain
Darwin
Perth
Cairns
Fraser island

Whitsunday islands
Northern territory
Crab Claw Island, Darwin
Bush fires
Northern territory
Darwin

New Zealand
New Zealand
New Zealand

 

lundi 27 janvier 2014

Homesick (part I)

En cette année 2014, mon passeport va tirer sa révérence. Ce petit livret de papier, je l'avais fait faire en octobre 2004, au moment où je remplissais mes papier pour la demande de WHV vers l'Australie (Working Holiday Visa ou Permis Vacances Travail à la sauce québécoise). Départ prévu en 2005.
Le WHV, c'est un Visa qui te permet à toi, jeune de moins de 31 ans, de partir un an en Australie, Canada, Nouvelle-Zélande (et Japon je crois), si mes souvenirs sont bons. Et pendant cette année (oh, joie!) tu peux même travailler ! Gagner ta vie. Avoir des sousous. Le tout pour... voyager un peu plus dans ce beau pays de ton choix.

Alors voilà, moi et mes 20 ans décidions en 2004 de faire le grand saut, de reporter un petit peu la graaaande entrée dans la vie active et de faire un vrai beau grand voyage vers ce pays qui me faisait rêver depuis mes 14 ans.

L'Australie. J'en imaginais... des déserts de fous, des paysages à couper le souffle, des vagues, des surfeurs (houuu!), des kangourous, des serpents, des crocodiles, des forêts humides, des grandes villes, du soleil.
Taux de conversion du rêve à la réalité... 100%
Des australiens je n'imaginais pas grand chose, à part peut être des mecs un peu baraques, un peu costauds, qui parlaient anglais.
Taux de conversion du rêve à la réalité... 89%  (ils sont quand même un peu anglais ces rednecks).
Et puis il y avait tout ce que je n'imaginais pas, mais ça j'y reviendrai.... aussi.

AustralieAprès quelques petites économies, quelques petits préparatifs et une chouille d'inconscience, c'est à 21 ans tout juste passé d'un mois que je partais. 20 kilos de bagages tout pile. Un billet retour valable un an et payé (en cas de gros coup dur, je pouvais rentrer). Un niveau d'anglais à c#*€r (et encore, si vous saviez). Quelques contacts sur place, des collocs déjà presque rencontrés (sont plutôt nombreux les petits frenchys à vouloir partir à 17000 km). Et 1500 euros (pas plus, pas mois) de quoi tenir un mois, (pas plus...)

Australie
Bondi Beach - Juin 2005
C'était mon grand voyage à moi toute seule, mes parents étaient aussi flippés que fières (au début très flippés et à la fin plus fières), moi je faisais pas trop la maligne, et disons même que.. au moment du grand saut... bah il en aurait pas fallut de beaucoup pour que je fasse marche arrière.

C'était l'une des premières fois que je prenais l'avion pour aller si loin. Et c'est drôle par ce que depuis ....
Je ne compte plus les miles parcourus. Pour les meilleures raisons (traverser un océan pour Lui, Le garçon) ou les pires (un aller retour sur une journée dans un pays d'Europe centrale pour en voir une salle de réunion).
Australia
Bondi beach - piscine d'eau de mer - Juin 2005
Paradoxalement, j'ai développé un frousse de l'avion (Lost, le vol Rio Paris, un atterrissage pourri à Lima, un vol au milieu d'une tempête de neige entre Montréal et Toronto, n'importe quoi d'inconscient que je ne maîtrise pas, je sais pas) et même mes plus grandes discussions toulousaines (ingénieurs Airbus bonjour !) ne m'enlèveront pas de l'idée que ces quelques centaines de plateau repas dégeux qui flottent à plus de 5 km du niveau de la mer, ça fait flipper (nan?). C'est débile, j'ai l'impression que c'est un peu pire à chaque fois et je la gère comme je peux, mais disons qu'il faut pas trop me stresser aux atterrissages et décollages. J'aime pas bien.

Australia
Bondi - Juin 2005
Et puis voilà, le 26 juin 2005 je partais. Le 28 j'arrivais. 22h d'avion plus tard (+ 2 en escale). 8h de décalage horaire. Paris / Singapour / Sidney. Moi et ma valise. La boule au ventre. Le visa tamponné et collé sur le passeport flambant neuf. Ah et... oui ! Le mauvais numéro de téléphone de la nana qui devait m'héberger les premiers jours... Tête en l'air (et dyslexique des chiffres), j'avais inversé les 2 derniers numéros. Ah ah... Ça m'a bien fait marrer... ou pas. J'étais logée à Bondi, à 250 mètres de la plage. C'était une autre planète, c'était le plein hiver, il faisait 15 degrés, près de 20 quand le soleil tapait, j'étais déconnectée, paumée...

Mais j'y étais !

xxx