dimanche 6 octobre 2013

Aux enfants de ma vie

Article un brin personnel, article d'humeur : je préviens !

C'est insidieux, ça commence tout doucement et ça ne paye pas de mine, à l'approche de la trentaine vient la célèbre phrase "et toi, quand est ce que tu t'y mets ?". Véronique Cazot et Madeleine Martin en ont fait 2 très bonnes BDs. Des histoires qui racontent qu'on peut être femme et ne pas vouloir d'enfant.
Voilà, c'est dit ! Le tome 1 "Celle qui ne voulait pas d'enfant" raconte de façon assez juste les interrogations qui me traversent, et les situations que je rencontre. Et même si j'ai la chance d'être entourée d'amis qui parlent d'autre chose et d'être suffisamment célibataire pour qu'on m'interroge plus sur mes amours que sur les projets de mon utérus, forcément la question se pose.

C'est très certainement égoïste de ma part :
- ne pas pouvoir imaginer mon corps avec 10 kilos de plus
- trouver assez étrange l'idée que quelque chose d'étranger puisse y grandir
- ne pas comprendre comment on peut même concevoir l'idée de l'accouchement
- trouver que les bébés tous "frais" tous "juste nés", c'est pas beau, voir même dégeu
- ne pas concevoir d'avoir ma vie qui tourne essentiellement (rythme, préoccupations, ...) autour de quelqu'un qui aspire à faire sa vie sans moi
...

Ou peut être que faire un enfant aujourd'hui en ce bas monde, quand 20% de la population mondiale se partage 80% des richesses, quand pour nourrir les plus de 7 milliards d'habitants de notre planète au même niveau de vie que celui d'un habitant moyen français il faudrait 3 planètes comme la notre... Peut être que l'égoïsme n'est pas si blanc si noir.

Le phénomène doit se répandre puisque le ELLE du 20 septembre 2013 faisait un article sur ces couples "qui préfèrent la vie à deux : des enfants non merci !". Bon, n'exagérons rien, les 2/3 de l'article parlent des couples qui décident de ne faire qu'un seul enfant... Quand même. Et puis Biba un peu plus tôt cette année, un article complet avec des témoignages de ces trente / quarantenaires qui se sentent à contre-courant, en décalage. Il y aurait les femmes carriéristes qui voient les enfants comme un obstacle, et celles qui n'ont juste jamais eu le désir de maternité, pas d'instinct maternelle.

En vérité je n'ai jamais vraiment eu d'attirance pour les enfants. J'ai joué à la poupée comme tous les petits, de quoi reproduire sur Nenuco ou Isabelle les réflexions parentales. Mais en dehors de ça je n'ai jamais vraiment fait de babysitting, jamais changé une couche et pas vraiment envie de commencer. J'ai beaucoup de mal avec les enfants qui font beaucoup beaucoup de bruit et surtout leurs parents à côté qui les laissent faire par ce qu'"un enfant ça s'exprime, ça fait du bruit, c'est normal". Je ne sais pas parler à un enfant. Je n'ai pas la patience pour jouer avec. Et très honnêtement pas vraiment l'envie. Je trouve la charge qu'un enfant représente que ce soit en temps ou en responsabilité, pas nécessairement un obstacle à ma carrière (c'est un gros mot), mais à MA vie, oui, très certainement.

Il parait que je dis ça par ce que je n'ai pas rencontré le bon. Peut-être. Ou pas. Mais tant que j'assume mon choix à la rigueur peu importe. Je ne dis pas que je changerai pas d'avis un jour. Mais j'espère assumer et rester heureuse dans mes décisions : ne pas regretter quelle qu'elle soit (la décision), par ce que ça n'impliquerait pas que moi.

Et puis c'est pas comme si je n'avais pas d'enfant dans ma vie. Au contraire et ils me fascinent pour tout ce qu'ils représentent, qu'ils soient réels ou juste des idées en forme d'ombre :
- les mini cousins cousines qui changent complètement la dynamique des repas de famille : quand la table des enfants devient celle des parents et les parents des grands-parents
- les angoisses plus ou moins justifiées lors de certaines insomnies (joie de n'avoir jamais eu des cycles réguliers) : l'absence naturelle de maîtrise malgré tout ce qu'il est possible d'anticiper
- l'enfant qu'il va avoir avec une autre à 17 000 kilomètres de là, annoncé comme ça, au détour d'un message : la mise en abymes d'une rupture que j'ai finis par accepter il y a plusieurs années pourtant
- les enfants d'une autre que j'ai envisagé très sérieusement faire rentrer dans ma vie, le temps d'un instant où j'avais oublié que si c'est trop compliqué, c'est pas de l'amour : accepter les gens comme ils sont, avec leurs Histoires et leurs vies, quelle qu'elles soient
- les mini copines blondes pour me rappeler que le lycée est bien loin
- les enfants des copains / copines dont les nouvelles se font rares, qui construisent leur vie très loin, et d'autant plus quand les enfants sont là
- les mini nièces d'amour, Tuthur que je ne me lasse pas de regarder : l'évolution des caractères, l'incroyable découverte de leur monde limité à un périmètre qui ne fera que grandir, et les chamboulements que vivent les parents, ces gens si proches.
- les futurs, à venir, qui se font désirer, qui se laissent imaginer : accompagner les amis dans leurs projets de vie, quel que soient les obstacles.

Tous ces enfants m'interpellent, me chamboulent, me touchent. Mais très simplement j'apprécie de fermer la porte derrière eux, les laisser à leur juste place, près de leurs parents, et retrouver mon mini appart où ne traînent pas au milieu du salon des objets fluos et moites de bavouillis.

Oh ! Enfants de ma vie, je vous laisse me donner la place que vous souhaitez : la tata funky, la vielle folle seule (tata Lisette), la jolie tata parisienne... Pourquoi pas tiens ! C'est sympa ça comme mot de la fin...

xxx
Extrait de "Et toi quand est-ce que tu t'y mets?" - Tome 1

2 commentaires:

Rosa a dit…

Très bel article je trouve!
Et en même temps, je trouve dommage que tu sois parfois obligée de te "justifier".
Je trouve que le plus important c'est de pouvoir faire SES choix et de les assumer (... oui, j'ai bien l'idée du petit que je gardais en babysitting dont sa mère avait "fait comme tout le monde puisque tous les de l'immeuble en ont fait :-/ ) mais aussi d'accepter que les autres puissent faire un choix différent!

Mais je crois que cela reste un sujet épineux dans une société où il y a des normes qu'il est "conseillé" de suivre!
Bisous de Rosa...et Misha qui tente de te laisser un commentaire avec moi ;-)

Mlinabzh a dit…

C'est un très bel article !! Tu exprimes ton avec avis avec honnêteté ! Je suis mariée depuis un an et avant de me demander comment je vais, on regarde mon ventre et : alors pas de bébé encore et encore hier : il est temps dis donc!! MAIS MERDE !!! il est temps pour qui ??!! Cet enfant on l'aura quand on l'aura !! On fait pas des enfants pour faire plaisir aux autres (enfin j'ai l'impression!). On ne fait pas des enfants comme on prend un raton laveur!! C'est pour la vie et il vaut mieux être prêt pour ça!!